Sud-Ouest du 27/03/2010 |
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ILS ONT APPORTE LA LUMIERE
HUMANITAIRE : Quinze élèves du lycée professionnel Marcel Dassault ont réalisé un chantier d'électrification au Sénégal. Le 8 avril, ils feront une restitution de leur séjour. On dit des voyages qu'ils forment la jeunesse. Qui plus est lorsqu'ils ont une visée humanitaire.
Revenus depuis un mois de leur périple au Sénégal, Jérémy, Wendy, Vincent et douze autres jeunes ont encore l'esprit embrumé de souvenirs de mangroves et de terre (rouge) de latérite. Tous sont élèves au lycée professionnel Marcel Dassault, en terminale Eleec (électrotechnique, énergies, équipements communicants). Du 10 au 25 février, ils sont partis dans la région du Siné-Saloum afin de réaliser un chantier d'électrification à Dionewar : un chapelet d'îles au bord de l'océan, situé à 150 kilomètres de Kaolack, ville jumelée à Mérignac depuis 1982. Accouchements à la bougie Joël Cagnard, professeur de génie électrique et vice-président de Jumelages et partenariats internationaux de Mérignac, était du voyage : "Une longue histoire nous lie avec cette partie du Sénégal. En 2008, notre association a mandaté l'ONG Electriciens sans frontières (ESF) pour identifier des besoins électriques dans ce secteur géographique. Le programme mené en février a permis d'apporter des réponses concrètes." En l'occurrence, la mission de solidarité s'est focalisée sur un établissement de santé, un collège et un GIE (groupement d'intérêt économique), spécialisé dans les produits halieutiques. "Prenons le dispensaire, par exemple. Il était alimenté par un groupe électrogène, mais seulement de 18 heures à 23 heures. Cela posait d'énormes problèmes, notamment de conservation des vaccins, des médicaments. La nuit, des femmes accouchaient à la bougie. On a donc équipé le bâtiment de panneaux photovoltaïques. Parallèlement, l'installation électrique a été entièrement refaite." Au collège, les futurs électrotechniciens ont apporté la lumière dans trois salles de classe. Concernant le GIE, "on a tiré une ligne d'alimentation sur environ 100 mètres, avec l'aide d'ESF. Outre la réparation du réseau existant, on a alimenté un hangar, des vestiaires, des sanitaires et une salle de conférence", détaille Joël Cagnard. Sur le plan logistique, panneaux photovoltaïques et câbles ont été achetés directement sur place, à Dakar. L'appareillage technique (tableaux de répartition, prises et luminaires…) est venu par avion, dans les bagages des lycéens. "On a rempli la soute" sourit l'un d'entre eux. Des chaleurs de 39 degrés Localement, le comité de suivi des îles et la communauté rurale se sont occupés de l'accueil. Loin des températures négatives de l'hiver bordelais, le groupe a vécu quinze jours sous une chaleur de plomb. En short et tee-shirt pour supporter des pics à 39 degrés. "C'est une expérience unique. On ne vivait pas à l'écart dans un hôtel mais au contact de la population", commente Vincent. Malgré la barrière de la langue (le sérère est dominant dans cette région), "on a partagé des moments magiques", assure Sophie Dosdat, proviseur adjoint. Comme ce match de football, perdu 3 à 1 par les Français. Ou encore cette soirée de communion musicale, où se sont mêlés percussion africaines et chants basques. Le 8 avril, l'équipe du lycée conviera les partenaires de cette mission à une soirée intitulée : "il était une fois Dionewar". Un diaporama rendra compte de cette aventure à la fois professionnelle et humaine. Olivier Delhoumeau Article paru dans le journal SUD-OUEST, le samedi 27 mars 2010. |




